Art&Math : code, zéro, infini
- JLC
- 3 févr. 2014
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J'ai présenté des photographies et des impressions 3 D à l’exposition Art & Math organisée par Gisèle De Meur, professeur de Mathématiques. L’exposition s'est tenue à l’Université Libre de Bruxelles, du 3 février au 1er mars 2014, salle Allende, avenue Paul Héger 22-24, 1050 Bruxelles. Un catalogue a été réalisé.
Perspective et magie du vrai (photographies)
Le vrai de la fête Le plat est rond pour la fête d’anniversaire, au contraire de la vue oblique. La plénitude de la vie, c’est le cercle. Elle ne peut être marquée par une ellipse avec le manque qu’elle indique. La perspective limitée à un habitus perceptif n’est pas une fatalité de la production mécanique de l’appareil photographique, en écho à la question d’André Rouillé : « Qu’est-ce qui sous-tend cette croyance en l’exactitude, la vérité, et la réalité de la photographie-document ? »


L’obélisque de Louxor pointe vers la lumière, l’ouverture de l’univers, l’infini du monde aux dépens des contingences écartées sur les côtés. Sa base s’enfonce dans l’infinie profondeur de la terre. Il faut qu’il soit prisme. Ses arêtes se croisent à l’infini comme l’intention de sa forme contrairement à sa photo-document de la vue de profil.

Le passage et les ombres justes À la sortie de l’exposition Helmut Newton au Grand Palais à Paris, comme les mannequins du photographe de mode, Anne saute. Elle m’emporte avec mon appareil dans son saut avec aussi les passants de la rue Lafayette. Nous rejoignons le monde de l’oiseau, de la hauteur pour le vrai. Nous voyons les bandes blanches rectangulaires du passage et les ombres justes. Nous voilà à l’instant décisif de Henri Cartier-Bresson.


La série code brut.

La série code brut, matière de « l’immatériel », matérialité entre permanence et fugacité (impressions 3D). La série code brut ou plutôt sa matérialité évoque la permanence des débuts de l’écriture au futur des messages humains. Elle comprend une tablette mésopotamienne (à imprimer), trois tablettes humainement lisibles, deux tablettes en code binaire bidimensionnel (sorte de codes QR) et une tablette de messages du futur (à imprimer). Leur stabilité est indiquée par l’encre plastique ABS (acétonitrile butadiène styrène électroménager, Lego, voiture (parachoc…) à base pétrochimique.
Vide sous globe

En contrepoint, l’ensemble vide sous globe imprimé 3D en PLA, plastique biodégradable à base d’amidon de maïs, marque la fugacité des codes, la réalité en creux plutôt qu’en plein, la fragilité, la versatilité, le recyclage, la reformulation, la révision et l’échange dans la Babel humaine plutôt que la permanence. Le vide sous globe donne une représentation de l’ensemble vide, deux caractères accolades respectivement, gauche { et droite }, en police palatino regular, sur un cadre formé par le zéro de la même police. Le cadre est vide, l’ensemble est vide, sous globe pour éviter que des éléments ne s’y introduisent de manière furtive.
Objets portant leur propre forme
Imprimé constitué de l’encre plastique elle-même, les tablettes sont homogènes à leur code. En tant que support d’information, elles pourraient porter le code nécessaire à leur reproduction. Support matériel de « biens immatériels », le progrès. Les tablettes sont des objets tridimensionnels soumis aux lois de la physique (notamment à la théorie de l’information de Shannon) et de possibles « biens immatériels », au sens des économistes. Sur le chemin du progrès, elles évoquent la limite d’objets recyclables constitués d’un epsilon de ressources, matières et déchets.
Des Beaux-Arts aux Arts Plastiques Le matériau, l’encre plastique, PLA ou ABS, convient pour marquer par un jeu de langage le passage des Beaux-Arts du XIXe aux Arts Plastiques des XXe et XXIe siècles. La plasticité et la versatilité de l’impression 3D étendent la galaxie Gutenberg de l’échange et de l’interaction humaine. Elle crée les formes avec des approches différentes (numérisation des objets, création à partir de logiciels 3D de sculpture, actions sur le maillage de la structure tridimensionnelle…), multiplie les œuvres et varie les matières et les supports. Le WEB accompagne une circulation, un partage, une récupération, un recyclage des formes et des expressions, la « dématérialisation » des Arts Plastiques…